Pour un prix du lait juste payé aux producteurs

Voeu,  voté le 6 juin 2009, que j’ai élaboré pour la commission « Agriculture et développement rural »
Les éleveurs laitiers ont reçus 21,9 centimes d’€ par litre de lait pour leur livraison d’avril 2009, soit un prix scandaleusement bas. Cet effondrement survient dans un contexte de hausses des matières premières nécessaires à la production (céréales, carburants…).
Cette baisse des cours n’est pas le fruit du hasard. Elle est provoquée par une surproduction due à la hausse des quotas décidée par Marian Fischer Boel, missaire européenne à l’Agriculture. Pourtant, en novembre 2008, le ministre français de l’agriculture affirmait: « Nous sommes parvenus à un accord à la quasi-unanimité ». Il se réjouissait alors du consensus trouvé au niveau européen pour déréguler progressivement le marché du lait jusqu’en 2015. Les quotas de production seraient relevés de 1% pendant 5 ans, puis disparaîtraient complètement. Le lait fluctuerait ensuite « librement » au gré du marché de l’offre et de la demande.
Pleinement ancré dans l’idéologie libre-échangiste, aujourd’hui majoritaire au sein de l’Union Européenne, cet accord à la « quasi-unanimité » – sauf la Lituanie – entérinait le sacro-saint principe de non intervention du pouvoir politique dans l’économie. Et déjà, les producteurs français, allemands et autrichiens s’inquiétaient des conséquences dramatiques d’un telle mesure sur… le prix du lait.
Par ailleurs, l’absurde décision de la Direction de la Concurrence de supprimer la négociation interprofessionnelle du lait a privé le pays d’un outil de régulation et d’anticipation, et a également, de ce fait, favorisé cette chute des prix.
Les produits alimentaires sont périssables. Nous ne pouvons pas donc pas considérer comme les autres.
Pour la région Rhône-Alpes, la disparition des élevages laitiers – souvent les seuls à pouvoir être présents dans les zones de montagne – serait une catastrophe pour son équilibre territorial. Nous réaffirmons que les politiques de la Région favorisant les produits de qualité, les circuits courts, l’autonomie des élevages vont dans le bon sens. Nous pensons que la souveraineté alimentaire de la France et de l’Europe qui était l’objectif initial de la PAC est toujours primordiale,
C’est pourquoi nous demandons au gouvernement français de mettre en oeuvre une politique permettant :
- la remise en marche de la négociation sur les prix au sein de l’interprofession laitière en revenant sur l’absurde décision de la Direction de la Concurrence de supprimer la négociation interprofessionnelle du lait,
- la poursuite durant toute la campagne laitière du gel de 1% d’augmentation de quotas,
- la réouverture à l’échelle européenne des discussions sur la disparition des quotas, au plus tard en 2010, avec pour objectif absolu la prorogation de ce système au delà de 2015,
- la mise en place effective d’un observatoire des marges qui fasse enfin la lumière sur les marges bénéficiaires constatées dans la grande distribution.

 

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