Intervention de Géraud GUIBERT au Conseil national du PS du 9/06/09

Mes chers camarades, chère Martine,
Les résultats des élections de dimanche constituent pour notre parti un avertissement sérieux. Cette réunion est l’occasion d’un premier débat, mais le délai a été bref depuis dimanche, le temps de discussion est court, et l’assistance est déjà clairsemée à cette heure de la soirée. L’enjeu mérite que notre débat d’aujourd’hui soit prolongé par une autre réunion, afin de tirer pleinement et sereinement toutes les leçons du scrutin.
Je voudrais, dans le bref moment qui m’est imparti, aborder ce qui constitue à mon avis les deux points clés après les résultats de dimanche, la ligne politique de notre parti et les modalités de construction du rassemblement de la gauche que nous souhaitons tous.          
Sur la ligne politique, plusieurs d’entre nous, au pôle écologique mais aussi dans toutes les autres motions, et d’un certain point de vue ce débat a traversé chacune d’entre elles, avons défendu l’idée que notre projet et nos priorités devaient être fondés sur la conjugaison du social et de l’écologique, l’un à égalité avec l’autre, l’un ne pouvant s’envisager sans l’autre. Nous devons de ce point de vue être lucides : le sentiment qui l’emporte, semble-t-il largement partagé par notre électorat, est que, depuis le congrès, l’écologie est passée une fois de plus au second plan dans l’expression et le travail de notre parti au niveau national. Oui, nous devons arrêter, comme l’a reconnu un de nos responsables dimanche soir sur les plateaux de télévision, de ne parler du changement climatique qu’après avoir abordé tous les autres sujets.
Ce point est évidemment décisif. D’abord sur le fond. L’enjeu pour la planète et l’espèce humaine est majeur. Une bonne politique écologique ne réussira qu’en intégrant la question social, et inversement, toute politique sociale de réduction des inégalités doit prendre en compte celles, très graves, dues aux pollutions et aux nuisances.
Ensuite sur le plan électoral. Pour les scrutins à venir, nous sommes peut-être dimanche créé une nouvelle concurrence au premier tour, face à rassemblement écologique qui inévitablement aura envie d’être autonome. Mais je le dis nettement, en particulier à destination de ceux qui considèrent implicitement qu’il faut continuer à sous-traiter les problèmes de l’écologie à d’autres, nous sommes surtout en train de nous créer un problème majeur de deuxième tour. C’est le plus grave. La droite utilise et va développer tous les moyens pour tenter de récupérer l’électorat écologique. Face à elle, reconnaissons que sur ce sujet nous sommes en train de perdre du terrain.
Nous devons donc impérativement prendre totalement à notre charge la dimension écologique dans notre projet. Nous souhaitons que des signaux clairs de réorientation soient donnés rapidement dans cette voie. Ceci passe notamment, ma chère Martine, je te dis très amicalement, par une expression beaucoup plus forte, identifiante et au plus haut niveau de notre parti dans ce domaine.Le deuxième sujet que je voudrais aborder est la méthode pour avancer dans le rassemblement de la gauche. L’idée de la maison commune me paraît prématurée, car elle risque de se heurter à une fin de non-recevoir de la part de nos partenaires. Et puis, comme l’a dit un de nos camarades, on ne construit pas une maison commune sans avoir nous-mêmes des bases solides, et largement engagé notre rénovation.
Il est en revanche indispensable de permettre à l’ensemble du peuple de gauche, dans toutes ses composantes, de se saisir enfin des débats de fond nécessaires pour préparer l’alternative à Sarkozy. Il est urgent de redonner la parole aux militants. Il anormal, alors que la droite a mis en œuvre le Grenelle de l’environnement en associant de nombreux partenaires, que notre parti ne sache pas faire participer tous ceux, militants, sympathisants, qui se sentent concernés et qui sont prêts à travailler.
C’est pourquoi nous proposons, au pôle écologique, avec d’autres, de décider la tenue, à la rentrée prochaine, d’états généraux du renouveau, afin d’ouvrir les portes et fenêtres, que chacun puisse discuter, se saisir des problèmes, et élaborer des solutions. Le rassemblement viendra d’abord de la base, et non des appareils des partis.

Mes chers camarades, rien n’est perdu pour l’avenir, mais nous devons bouger, avec audace, et bouger vite. C’est le sens de ce que je voulais vous dire brièvement ce soir.
Je vous remercie.

 

Aucune Réponse. to “Intervention de Géraud GUIBERT au Conseil national du PS du 9/06/09”